Avec lui, plus de cadeaux. En huit matchs, Abdeslam Ouaddou a apporté à la défense nordiste ce qui lui manquait : confiance et réussite. Les résultats ont suivi au fil des performances du Marocain, aussi attachant dans la vie qu’inflexible sur un terrain. Samedi, il retourne défier Nancy, son club formateur.
Enfin, il espère…
PAR RICHARD GOTTE
sports@lavoixdunord.fr PHOTO DIDIER CRASNAULT Car d’abord, la grimace de dernière minute. Hier midi à Nungesser, entraînement terminé. Antoine Kombouaré fait le tour de son effectif. Deux attaquants sont déjà forfaits pour samedi : Steve Savidan (suspendu) et Laurent Dufresne (mollet), qui a interdiction de reprendre la course avant ce week-end. « Et puis, ajoute le coach ennuyé, il y a une alerte pour “Abdes”. »
Repères
Le grand défenseur a ressenti quelque chose aux ischios lors de la séance du matin. « Je vais passer un examen pour être rassuré », annonce-t-il inquiet. On lui fait remarquer qu’il a déjà manqué les retrouvailles avec Rennes, son ancien club, le 27 janvier (épaule). Cette fois, la menace plane sur Nancy, là où il a appris le métier et laissé un morceau de son coeur. « C’est vrai… C’est fou cette histoire.
» Il préfère ne pas y croire. « J’attends une bonne nouvelle… » S’il devait renoncer, VA devrait alors livrer bataille pour le maintien sans son porte-bonheur. Les « stats » de Ouaddou dans le Nord sont à la hauteur de cette météo d’avril. Embellie puis beau temps, anticyclone bloqué sur la défense. Avec lui, VA n’a concédé que quatre buts en huit matchs (0,5 par match). Sans lui, le promu tournait à 1,5 de moyenne… Lourd à remonter.
Il a un secret, forcément. Comment explique-t-il l’invincibilité (six matchs sans défaite) et l’imperméabilité (quatre sans prendre de but) du moment ? « Nous avons des repères et la confiance s’est installée. C’est important d’avoir une bonne assise défensive. Pour construire une maison, on commence par les fondations, non ? On aime défendre car on sait que devant, on a des joueurs qui vont se procurer des occasions. » Gêné par le coup de projecteur, Ouaddou confie qu’il a surtout trouvé un collectif. « À Valenciennes, c’est toute l’équipe qui travaille bien, fait des efforts. » Cet hiver, il est entré dans un costume taillé pour lui. « C’est facile de s’intégrer quand il y a un tel état d’esprit. Travailler pour l’autre… C’est ce que j’avais demandé à Rennes, mais ça avait été mal perçu. » Rennes, c’est du passé. « Maintenant, je suis dans le camp valenciennois. Ce retour à Nancy est particulier bien sûr. Je dois avoir quarante invitations… Les deux veulent gagner. J’espère que ça va jouer, que ça ne sera pas fermé. » Il attend d’être à l’abri. « C’est une erreur de croire qu’on est arrivés. Je préfère qu’on se donne un challenge sur les six derniers matchs pour finir en boulet de canon. » Nouveau pari. « Quand j’ai choisi VA, on m’a dit “Tu vas galérer”. Moi, j’aime le contre-pied, me fixer des challenges. Et ici, c’est tout le contraire d’une galère. L’ambiance est saine, tout le monde a envie de réussir. Le public est formidable. C’est un plaisir de s’arracher pour ces gens-là. » Au point de resigner la saison prochaine ? Ouaddou, qui plaît à beaucoup, ne dit pas non. Il attend le maintien. « Moi, je ne rêve pas dans le foot. L’Angleterre, la Grèce, j’ai vu. Je veux des objectifs, du “feeling”. » Un endroit où se poser avec la famille. •
DIGEST. – Né le 1er novembre 1978 à Ksar Azekour (Maroc). 1,90 m, 78 kg. Défenseur central.
International marocain. Parcours : Nancy, 16 m. en L1 (1999-2000), 31 m. en L2 (2000-2001) ; Fulham (Ang., 2001-2003, 21 m.) ; Rennes (2003-2006, 82 m.) ; Olympiakos (Grè., juillet-décembre 2006, 6 m.) ; à VA depuis janvier 2007 (8 m.).