Par Imane Belhaj pour Magharebia à Casablanca - 22/04/2007
[Getty Images] Les Marocains ont manifesté contre le terrorisme à Casablanca, le 19 avril.
L'ensemble des partis politiques du Maroc, les organisations de la société civile et d'autres organisations se sont rassemblés jeudi 19 avril à Casablanca pour une manifestation nationale contre le terrorisme et l'extrémisme. Les participants à cette manifestation ont condamné les attentats terroristes des 11 mars, 10 et 14 avril dans la ville, et ont réfléchi à la réponse apportée à ce jour par le pays.
"Nous voulons affirmer à l'opinion publique nationale et internationale que le peuple marocain n'a rien à voir avec ces pratiques terroristes", a déclaré Salem Latafi, membre du bureau politique du Parti du Progrès et du Socialisme. "Ce qui s'est passé est totalement étranger aux traditions et à la culture du Maroc", a-t-il expliqué.
Keltoum Khalil, Secrétaire Générale de l'association Taazour a déclaré à Magharebia: "Nous sommes venus… pour apporter notre soutien à toutes les victimes de ces attentats." Elle espère que les Marocains seront conscients que "de telles affaires ne servent ni notre nation ni notre peuple", et affirme que Taazour fera tout ce qui est possible pour aider à sensibiliser les jeunes dans les écoles et les communautés où est implantée l'association.
La communauté juive de Casablanca s'est jointe à la manifestation contre le terrorisme. Son porte-parole, Maurice Toulidano, a exprimé le "soutien complet et la solidarité avec le peuple marocain de la communauté dans cette lutte contre le terrorisme". Le terrorisme, a-t-il ajouté, "n'a jamais fait partie des valeurs, de la culture et de la tradition de notre pays, le Maroc. Nous sommes un pays qui s'est toujours distingué par l'amour, la tolérance et la coexistence entre toutes ses religions et cultures."
Fatima Belmoudden, représentante parlementaire de l'Union des Forces Populaires Socialistes, se refuse à minimiser le danger des récents attentats terroristes, bien qu'ils n'aient occasionné que des dégâts limités et aient été mis en oeuvre par des moyens plutôt simples. Le danger, affirme-t-elle, réside dans le fait que ces attentats sont le symbole d'une propagation d'une culture de la violence qui requiert la mobilisation de l'ensemble des institutions de sécurité et religieuses du pays.
Hassan Ouzidane du Mouvement Amazighe à Casablanca affirme qu'outre le fait de lutter avec force contre "la pensée oppressive", le Maroc doit revoir ses programmes éducatifs et télévisés pour garantir qu'ils donnent espoir et encouragent la jeunesse du pays.
Ahmed Ghayet, président de Réseau Maroc, a fait part de sa préoccupation pour la jeunesse marocaine, craignant qu'aux yeux de la société, les jeunes soient considérés comme des candidats possibles aux attentats suicides. "Cela est faux, parce que nos quartiers produisent des graines de nationalistes. Mais malheureusement, les graines de la violence sont ce que montre la télévision." Il appelle la société à protéger les jeunes contre les préjugés, tout en soulignant la nécessité d'améliorer les possibilités offertes par le sport, le théâtre, la musique, l'éducation et l'emploi, ce qui, selon lui, permettrait indubitablement d'éradiquer les causes de violence.
Najia Mirdia, veuve de l'inspecteur de police Mohamed Zenbiba, tué alors qu'il tentait de maîtriser l'un des kamikazes, a déclaré qu'en dépit de ce décès, elle était fière que son mari soit mort avec honneur. La voix remplie d'émotion, elle ajoute: "La présence de toutes les associations, des instances politiques et des responsables de la sécurité à cette manifestation est l'expression de leur sentiment de perte de ce héro et martyre. Il a laissé une forte empreinte dans l'esprit de tous les Marocains, parce qu'il a donné sa vie pour protéger les innocents contre les ennemis de Dieu."