Une fois n’est pas coutume. Un projet immobilier à Fès à la une de clefs en main. Signe des temps : la ville qui était considérée encore il y a peu comme has been et en marge du rush immobilier que connaît notre pays, est en train de démentir les cassandres !
Imitant ainsi Marrakech et Tanger, « Fès la millénaire » a suivi… non sans résister. Longtemps engoncée dans son statut de capitale spirituelle et culturelle du royaume, elle semblait ne plus pouvoir s’en démarquer. Et pourtant. Les choses bougent. Adoption d’un plan de développement régional touristique, hausse du nombre de nuitées, réaménagement des grands boulevards, maisons d’hôtes en nombre croissant, restauration de raids, développement d’activités liées à l’Offshoring, lancement de grands projets immobiliers, agenda culturel de calibre international… Bref, tout porte à croire que Fès est définitivement sortie de sa léthargie.
Reste à s’interroger sur une chose. On a vu ce que le boom immobilier a induit comme effets sur une ville comme Marrakech. Laissons le côté jardin que tout le monde se plait à rappeler et parlons du côté cour. Cherté de la vie, explosion du prix du foncier et de l’immobilier, coupures d’électricité, stress hydrique, phénomène de migration de la population vers les banlieues où le coût de la vie est encore abordable, etc. sans parler de la fameuse âme de Marrakech. Les puristes la disent à jamais enterrée sous les pas de danse effrénés de la jet set rutilante et du gotha mondial des épicuriens !
Fès connaîtra-t- elle le même sort ? Difficile équilibre à trouver en tout cas. Celui de pouvoir faire une omelette sans casser d’œufs. Illusoire donc. Reste tout de même à ne pas retrouver dans son plat, de gros morceaux de coquilles…
Par Amine Mernissi