
1- Le secteur primaire :
1-1 L'agriculture
Les potentialités de la région souss Massa-Drâa, à l'exception de la plaine Souss Massa, sont limitées par les conditions climatiques et pédologiques. Les zones agricoles les plus importantes restent concentrées dans la plaine Souss Massa, qui comprend Agadir, Taroudant et Tiznit, pour le reste, particulièrement les vallées de Drâa et Dadès (Ouarzazate) les terres cultivables se trouvent le long des vallées les mieux arrosées où elles forment une succession de palmeraies dont les plus importantes sont concentrées le long du Drâa moyen.
Malgré l'existence d'une agriculture de type moderne dans les périmètres irrigués du Souss Massa, la région reste à dominance bour. Le système de culture irriguée traditionnelle des oasis se pratique dans la province de Ourzazate, notamment dans la vallée du Drâa moyen. C'est l'agriculture phoenicicole, pratiquée le plus souvent sur des micro-propriétés, avec des cultures annuelles de fourages pérennes en sous-étage sous arbres fruitiers et sous palmiers-dattiers. Dans cette province pré-saharienne le niveay de mécanisation est très faible.
La phoeniciculture permet la subsistance des populations des oasis dont les moyens d'existence reposent essentiellement sur l'exploitation du palmier dattier, des cultures sous-jacentes et des sous produits de l'arbre (les légumes, la luzerne, etc.) Le Maroc comporte 4,5 millions de palmiers dattiers, qui couvrent près de 44 000 ha. Ils sont concentrés dans les zones arides en principe Ouarzazate-Zagora avec 1 800 000 palmiers, soit 40% de la superficie nationale, suivies de Tafilalet avec 27,7% et Tata avec 19,3%. Le rendement moyen est de l'ordre de 20 kg/pied.
Cette région se distingue également par les cultures du henné, du safran, des rosiers. Quant à l'olivier, il demeure la principale arboculture pratiquée au niveau des périmètres irrigués traditionnels de la vallée du Souss et des montagnes avoisinantes.
La superficie agricole utile (SAU) dans la région est de 497 200 ha, ce qui représente 0,2% de la superficie totale régionale. La superficie moyenne régionale des céréales au niveau des cinqs campagnes agricoles (92-93,..., 96-97), de 258 700 ha, a permis une production moyenne de 2 444 000 qx/an, avec un rendement moyen régional inter-annuel, de l'ordre de 9,4 qx/ha.
La céréaliculture prédomine sur les terres arables du bour , la superficie des 4 céréales cultivés dans le bour (blé tendre, blé dur, orge, et maïs) varie d'une année à l'autre, l'orge et le blé tendre sont les cultures dominantes, avec respectivement 46% et 44M% de la superficie. D'autres cultures sont pratoiquées dans les zones irriguées, les céréales, les légumineuses et les cultures maraîchères, les agrumes et les cultures fourragères.
Les agrumes restent la principale spéculation arboricole de la reégion, avec une superficie totalisant 27 070 ha, soit 36,4% de la superficie nationale. Elles sont cultivées dans les zones irriguées du Souuss Massa, dans la province de Taroudant (25 183 ha) et la wilaya d'Agadir (c 1 887 ha). Les cultures maraîchères, les cultures industrielles et le bananier sous-serre gagnent de plus en plus de terrain.
2-1 L'élevage
L'élevage constitue le complément de l'agriculture dans la région. Il est la principale ressource des populations surtout là où la pluviométrie et les terres cultivables font défaut. On y rencontre les différentes types d'élevage : intensif; extensif, sédentaire et transhumant.
Actuellement les ovins et les caprins représentent 89% du cheptel régional et dont les effectifs, toutes espèces confondues, sont estimés à 2 858 000 têtes, représentant plus de 12% de l'effectif du cheptel national.
3-1 La forêt
La forêt dans la région Souss Massa-Drâa, constitue une véritable barrière naturelle contre la désertification, l'érosion hydrique, et éolienne en plus de son rôle majeur au niveau social et économique.
Malgré l'existence d'une diversité foristère régionale (arganier, chêne vert, thuya, pins, genévrier), la dominance de l'arganier est plus apperçue dans l'espace du Sud.
Au niveau national, l'arganier représente 7% du couvert forestier, une grande partie de cette superficie se trouve dans la région de Souss Massa-Drâa, occupant ainsi la plaine de Souss Massa et les versants du Haut Atlas Occidental et recouvrant environ 730 127 ha. Cette superficie est répartie sur les trois provinces de la plaine du Souss : wilaya d'Agadir, province de Taroudant et Tiznit.
La forêt arganière assure la subsistance d'une population rurale importante grâce à son utilisation pour le pâturage, l'alimentation et le bois de chauffage.
L'arganier est utilisé également dans les produits cosmétiques, pour les soins de la peau. Sa forte teneur en acides gras insaturés fait de l'arganier une remède efficace pour l'artériosclérose.
De part toutes ces propriétés, l'arganier est considéré comme une source de revenu ou de nouriture non négligeable pour l'usager.
4-1 La pêche maritime : un secteur locomotive
La pêche constitue, après l'agriculture et le tourisme, le troisième atout économique de la région; en raison de son rôle dans le développement des autres secteurs, d'industrie et du commerce.
Plusieurs débouchés maritimes existent, mais le port d'Agadir reste le plus important de la région.
La pêche côtière est de loin la principale activité du port d'Agadir et de Sidi Ifni, d'autres points existent le long des 200 km de littoral de la région (Imsouane, Tamri, Taghazout, Tifnit, Aglou...), où l'on pratique la pêche artisanale.
La région côtière dispose de deux types de flottes : une flotille côtière composée de plus de 370 unités d'une jauge brute de 14 122,7 tonneaux et une flotte hautière de plus de 240 chaletiers.
La pêche artisanale est très développée, le nombre de canots en exercice dans la région s'élève à plus de 950. Les prises atteignent pour toute la zone d'Agadir environ 44 600 tonnes par an contre 8058 tonnes à Sidi Ifni. Agadir représente le premier port marocain de pêche de maquereaux et le 2ème port sardinier national et international après celui de Tan Tan. En effet, les prises sont de l'ordre de 10 597 tonnes de maquereaux et 2 945 tonnes de sardines.
Le secteur de la pêche à Agadir assureau total un emploi direct pour environ 13 896 marins permanents à bord de sardiniers, chalutiers, palangiers et bateaux congélateurs, dont 7 500 pour la pêche côtière et 5 270 marins pour la pêche hautière qui fait travailler aussi plus de 1 100 étrangers (la plupart des coréens). Les emplois saisonniers sont estimés à 6900. De même, les emplois à terre sont évalués à 2500 permanents et 6500 saisonniers.
A Agadir, les activités portuaires et de pêche revêtent une grande importance, quant aux retombées sur l'économie urbaine et régionale, aussi bien sur le plan de la création d'emplois que sur celui de l'entraînement des autres secteurs d'activités, en particulier l'industrie de conserverie et le développement de la congélation.
5-1 L'activité minière
Le sous-sol de la région Souss Massa-Drâa est riche en minerais de toutes sortes, surtout dans la province de Ouarzazate, l'une des plus riches provinces minières du royaume. Dans les années 90, 519 titres étaient recensés dont 419 permis de recherche, 44 permis d'exploitation et 24 concessions. La B.R.M.P.joue unrôle majeur dans cette région puisque son domaine minier compte un tiers des permis. Les sociétés privées,quant à elles, détiennent 29% du total des titres.
Lesminerais extraits sont principalement la manganèse, le cuivbre, l'argent, le cobalt et prochainement de l'or à la limite des provinces de Tiznit et Tata.
L'impact du secteur minier dans le développement régional est très perçu dans le secteur de l'emploi, en particulier dans la province de Ouarzazate qui représente 5% des effectifs du secteur minier du royaume, que l'on estime à environ 3 000 employés.
cet impact est perçu aussi au niveau local, par les infrastructures de bases, de communications (routes, électricité, eau) et d'équipements socio-éducatifs réalisés par les grandes minières et dont bénéficient leurs employés et les habitants des villages environnants.
Le secteur minier est important pour l'emploi et pour l'apport en devises qu'il fournit au pays. Mais il reste que l'activité minière est fortement dépendante de l'extérieur, par la fluctuation des cours mondiaux et par l'introduction de nouvelles techniques d'exploitation Ainsi, la baisse des cours des minéraux entraîne la fermeture de nombreuses mines ou parfois le licenciement des employés.
2- Secteur secondaire
1-2 - L'industrie : prédominance de l'agro-alimentaire
L'industrie est très peu développée dans la région Souss Massa- Drâa, excepté dans le grand Agadir qui regroupe plus de 85% des unités industrielles de la région et des emplois correspondants.
La région compte 307 établissements industriels répartis comme suit : la wilaya d'Agadir regroupe 253 unités, suivie de Tiznit avec 33 unités, vient ensuite Taroudant avec 16 unités et Ouarzazate 5 unités.
La structure industrielle régionale reste dominée par les industries légères et les unités de petites tailles, basées sur la valorisation des ressourcesagricoles et halieutiques locales. L'agro-alimentaire est la branche prédominante dans la wilaya d'Agadir et la province de Taroudant; elle contribue pour plus de 2/3 à leur production industrielle locale et pour plus de 80% aux exportations.
Agadir demeure la première ville industrielle de la région avec près de 8 840 emplois sur 10 546 que compte la région, ce tissu industriel reste dominé par les unités de petite taille. En effet, les établissements de moins de 50 employés représentent 78% du total, et ce contre 15% pour les entreprises de taille moyenne et seulement 6% pour celles de grande taille.
2-2 - L'artisanat
L'artisanat est un secteur important dans l'économie de la région, secteur intermédiaire entre l'agriculture et l'industrie moderne.
L'artisanat s'est développé de pai avec le tourisme, tous deux parallèlement sont en corrélation étroite. Les principales activités artisanales sont : la maroquinerie (tannerie), la poterie, le travail du cuivre et de l'argent, l'élbenistrie, les tapis, la vannerie, etc. L'exportation artisanale dans la wilaya d'Agadir, qui a enregistré un chiffre d'affaires de 7 255 000 dh en 1996, représente une part minime de 1,3% du taux national d'exportation artisanale.
La délégation régionale d'agadir compte 51 coopératives artisanales et environ 1 622 adhérents.
La plupart des activités artisanales rentrent dans les secteurs dits informels. On peut donc déduire, plus les revenus sont bas, plus le secteur informel devient très important.
3- Le secteur tertiare
1-3 - Le tourisme : la prédominance du tourisme balnéaire
Le tourisme occupe une place de choix dans le développement économique et social régional; il constitue une importante source de devises et produit des effets d'entraînement économiques positifs sur les autres secteurs.
La région Souss-Massa-Drâa offre une gamme variée de types de tourismes : un tourisme balnéaire à Agadir, un tourisme culturel à Taroudant et Tiznit (villes traditionnelles), et un tourisme de montagne et d'aventure à Ouarzazate (randonnées dans les montagnes et les oasis).
Classée première en capacité hôtelière sur le plan national (31,2% des hôtels classés), la région dispose de 28 258 lits classés. La grande part de cette capacité, soit 76,4 % est concentrée à Agadir, suivie dans une moindre mesure par Ouarzazate-Zagora avec 19,5%, Taroudant ne représente que 2,6% de la capacité régionale et vient en dernier Tiznit avec une capacité régionale très faible de 1,4%.
Agadir est une station touristique de renommée internationale, elle totalise 23,8% de la capacité réceptive des lits classés (10 055 chambres et 2 1 602 lits touristiques) et 34,8% des nuitées des hôtels classés enregistrées à l'échelle nationale (3 800 247 nuitées). Cette capacité est le fait de 84 unités hôtelières classées. La structure hôtelière reste dominée par la part des villages de vacances qui détiennent environ 34,9% du total des lits touristiques de la ville, la moyenne nationale étant de 22% seulement.
Il a fallu une fréquentation touristique massive pour que Ouarzazat se fasse une place touristique parmi les deux grands pôles touristiques du Sud, Agadir et Marrakech. Elle a ainsi réussi à avoir sa propre clientèle et a cessé d'être une simple ville étape, dans les circuits de ces deux pôles géants du tourisme marocain.
La province de Ouarzazate est devenue une alternative naturelle par rapport aux autres villes marocaines en proposant des produits nouveaux et des paysages tout à fait différents et une architecture locale spécifique et authentique des ksours et kasbahs.
En 15 ans (1980-1995) la capacité d'hébergement de la province de Ouarzazate est passée de 1 294 lits à 4 482 lits, cette croissance n'a su prendre son élan qu'après l'ouverture de l'aéroport et l'établissement d'une liaison directe entre Paris et Ouarzazate en 1986.
En ce qui concerne les autres provinces de la région, elles n'offrent qu'une capacité minime : 820 lits à Taroudant et 500 lits à Tiznit.
La région Souss-Massa-Drâa reçoit annuellement plus de 700 000 touristes. Les principaux marchés émetteurs se situent en France et en Allemagne, la clientèle française reste dominante avec plus de 44% des arrivées, suivie par les Allemands; puis par les Italiens, les Espagnols, les Anglais, les Scandinaves et une minorité d'Américains, de suisses et d'Arabes du Moyen-Orient.
L'emploi dans l'hôtelerie engendre environ 10 455 emplois directs (hôtels et divers services) et plus de 15 000 emplois indirects (voyages, guides, bazars, restaurants, transport, bâtiment, etc). Il reste que la Wilaya d'Agadir détient plus de 85% des employés dans ce secteur à l'échelle régionale.
Les emplois dans le tourisme sont en général saisonniers, ils sont liés à la fréquentation touristique, au séjour et à l'occupation des lits ou des chambres d'hôtels.
Le tourisme reste un levier important de l'aménagement du territoire, en tant qu'agent économique, il constitue un facteur d'équilibre régional grâce à la fixation de la population locale. Il est également générateur d'activités secondaires de production et de services.